Renaud Donnedieu de Vabres
Ministre de la Culture et de la Communication
À mi-chemin entre écriture et cinéma, le scénario est un exercice complexe, qui nourrit de la puissance évocatrice des mots la force de l’image. Première étape déterminante dans la réalisation d’un film, il doit en exhaler toutes les promesses, tout le génie. C’est sur la qualité du scénario que se fonde l’attribution des aides de la commission d’avance sur recettes aux longs-métrages.
Le Grand Prix du Meilleur Scénariste met en lumière, de puis maintenant vingt ans, les plus belles plumes qui réinventent notre septième art.
Vingt ans de rigueur, d’exigence, et de curiosité de la part du jury de professionnels. Vingt ans de bonheur, de surprise et d’émotion pour les lauréats mis sous le feu des projecteurs. Vingt ans de découvertes, de révélations, et de passion, pour tous les amoureux du cinéma.
J’adresse mes félicitations les plus vives et les plus chaleureuses à Philippe Maynial, dont nous célébrons aussi l’anniversaire, puisqu’il préside depuis dix ans aux destinées de ce très bel événement. Un grand bravo, également, à tous les lauréats de cette édition très spéciale.
Véronique Cayla
Directrice Générale du CNC
Depuis sa création, il y a vingt ans, le Grand prix du meilleur scénariste contribue au renouvellement de la création cinématographique française.
Accompagner les auteurs et favoriser la vitalité de la création, tels sont les objectifs du CNC dont les aides sont adaptées aux différentes étapes du travail d’écriture pour encourager l’existence d’un cinéma original, audacieux et diversifié.
Aussi à l’occasion du 20e anniversaire du Grand prix du meilleur scénariste, je tiens à remercier Philippe Maynial, son président depuis 10 ans, et l’ensemble de son équipe, pour le travail accompli, et adresse mes plus vives félicitations au lauréat 2006.
Michel Reilhac
Directeur Général délégué d'Arte France Cinéma et Directeur du cinéma d'Arte.
Depuis sa création, ARTE France Cinéma (AFC) s'est engagée sur plus de 350 films, a collaboré avec 270 réalisateurs différents, de plus de 50 nationalités différentes. Renouvellement des talents, contribution à la relance de la création et à la vitalité du cinéma en France et en Europe constituent les axes majeurs de la politique de la filiale.
Une politique de coproduction ambitieuse :
ARTE co-produit avec comme critères de sélection, l’audace, l’inventivité, l’originalité du traitement…
Attentive aux jeunes réalisateurs, elle s’est engagée récemment sur des premiers films comme Héros de Bruno Merle, Le Passager d’Eric Caravaca, La Terre abandonnée de Vimukthi Jayasundara (Caméra d’or à Cannes en 2005)…
Elle reste également fidèle aux réalisateurs dont les œuvres correspondent à sa politique éditoriale. On peut citer notamment Ma Mère de Christophe Honoré dont ARTE France Cinéma avait déjà coproduit le premier film 17 fois Cécile Cassard, Flandres de Bruno Dumont coproduit quelques années après son engagement sur L’Humanité …
ARTE France Cinéma soutient le cinéma international, en particulier le cinéma européen en s’associant à des réalisateurs comme Lars Von Trier avec Manderlay, Dogville, Dancer in the dark - Michael Haneke avec Caché, Le temps du loup, La Pianiste - Pavel Lounguine avec Familles à vendre, Un Nouveau russe, La Noce ou encore Aki Kaurismäki avec Les Lumières du Faubourg, L’homme sans passé.
Mais son soutien va au-delà de l’Europe pour faire découvrir les nouveaux talents asiatiques comme notamment Wang Chao (Voiture de luxe, Jour et nuit), africains : Mahamat Saleh Haroun (Daratt prix spécial du Jury à la Mostra de Venise 2006), moyen-orientaux : Eran Riklis (La Fiancée syrienne, Lemon tree), Hany Abu Assad (Paradise Now) ou encore Elia Suleiman (Intervention divine) et bien d’autres encore.
David Kessler
Directeur de France Culture
Parce qu’il n’y a pas de spécificité radiophonique, parce que l’on peut « faire radio de tout », parce que la fiction radiophonique, qui est un genre en soi, ne peut s’appuyer uniquement sur la littérature et le théâtre, France Culture a souhaité solliciter l’écriture des scénaristes, des réalisateurs de cinéma et renouer des liens distendus avec le cinéma.
La radio a toujours eu la tentation du cinéma, à cause de la similitude des modes de réalisation, et a su inventer dans les années cinquante une nouvelle forme : le film radiophonique, ou « cinéma sans images ».
Certains scénarios ont ainsi été lus, d’autres créés à la radio comme India Song de Marguerite Duras, d’autres encore ont été adaptés. Enfin des scénaristes ou réalisateurs ont écrit spécialement pour la radio. Afin de renouer avec cet esprit, nous avons lancé un certain nombre de commandes d’écriture de courtes et de plus longues fictions. Nous avons également noué des partenariats avec le festival d’Angers (Premiers plans), le festival de Bourges.
Nous nous réjouissons aujourd’hui d’être les partenaires du Grand prix du Meilleur Scénariste, dont le sérieux et la capacité à détecter de vrais talents ne sont plus à démontrer, pour trouver de nouvelles écritures pour la radio de demain.
Renaud Delourme
PDG des Editions Montparnasse
Le Grand Prix a vingt ans ! Nous en sommes partenaires depuis près de dix ans. Un partenaire toujours heureux de voir le Grand Prix se développer sous la houlette à la fois bienveillante et rigoureuse de Philippe Maynial et Barbara Vassiliev. On me demande parfois pourquoi un éditeur vidéo, support du deuxième marché du film soutient le scénario. Il est vrai que nous en sommes apparemment loin, n’ayant en général pas la possibilité d’avoir un rôle moteur autre que financier dans la production d’un film. Parlons d’un intérêt désintéressé ou d’une compréhension particulière liée à notre activité éditoriale : le scénario à la base de l’histoire qui sera racontée, à l’autre bout de la chaîne, mérite la reconnaissance et l’attention de tous ceux qui « aiment » le cinéma. Le palmarès, sélectionnés et lauréats, montre année après année que Philippe et Barbara avaient raison. Je suis heureux de saluer ici au nom des Editions Montparnasse ces vingt ans d’intuition et de réalisation.
Philippe Maynial
Président du Grand Prix du Meilleur Scénariste
Barbara Vassiliev
Directrice de Sopadin
« Cette année le Grand Prix du Meilleur Scénariste fête ses 20 ans dont les 10 dernières années sous notre responsabilité »
Pour l’un, de nombreuses années passées chez Gaumont, à parcourir le monde en compagnie de réalisateurs et comédiens, comme Directeur des ventes internationales, pour l’autre un parcours dans la mode, et le désir commun dès 1996 de s’impliquer dans la promotion de l’écriture audiovisuelle et la mise en valeur du travail des scénaristes. Nous décidons via notre Société Sopadin de reprendre l’organisation du Grand Prix du Meilleur Scénariste dont l’activité venait de cesser. Nous créons également en 1997 un Prix pour les auteurs de moins de 28 ans, le Prix Junior du Meilleur Scénario, qui en 9 ans a vu 9 lauréats ou finalistes porter leurs films à l’écran ; puis en 1998, nous lançons Le Grand Prix du Meilleur Scénario de Télévision remis chaque année dans le cadre du Fipa de Biarritz.
Le Grand Prix du Meilleur Scénariste qui est ouvert aux auteurs n’ayant pas eu plus de trois scénarios portés à l’écran met en compétition des scénarios de long-métrage pour le cinéma avant tournage.
En 20 ans près de 70 films ont été réalisés à partir des scénarios sélectionnés, dont 45 pour les 10 dernières années.
Chaque année ce Prix met à l’honneur 10 scénarios finalistes, parmi les 300 reçus en moyenne, en les soumettant à un jury de professionnels du cinéma (producteurs, diffuseurs, distributeurs, comédiens) qui choisissent parmi eux un Lauréat et décernent le Prix Arlequin du nom du cinéma qui accueille la manifestation chaque année.
En novembre le Jury délibère sur des projets déposés entre mars et avril ; depuis, certains ont cheminé vers la production, d’autres recherchent un financement, un diffuseur, un distributeur, des coproducteurs. Tous ont besoin d’un coup de projecteur !
Sophie Dulac
Présidente des Écrans de Paris
« Pour faire un bon film il faut un bon scénario »
Écrire, voilà bien une démarche particulière qui s’avère aussi difficile que ce soit un livre, un scénario, un article, un éditorial. Il faut éviter les poncifs, les paraphrases, les redites, les fautes d’orthographe, il faut connaître sa grammaire, la syntaxe, savoir construire une phrase, utiliser des synonymes… bref, quelle aventure ! Tout cela pour dire que n’écrit pas qui veut. Ose rai-je rappeler qu’un critique littéraire très connu du nom de Sainte-Beuve n’avait pas décelé dans le manuscrit que lui avait apporté un jour une dame, le suppliant de lire ce que son fils avait écrit, le génie de l’auteur qui n’était autre que Balzac.
Écrire un scénario est d’autant plus difficile qu’à travers des mots nous de vons imaginer un film dont le but est d’atti rer le plus grand nombre de spectateurs en salles.
Depuis 20 ans c’est ce à quoi s’attache ce Prix du Meilleur Scénariste (meilleur) adjectif qui signifie que le ou la lauréate est bien au-dessus des autres, quel fardeau, car il ne suffit pas d’être le meilleur, il faut le rester.
Une leçon d’exigence et de rigueur, deux qualités qui font cruellement défaut dans ce monde où tout va trop vite, où la culture de l’éphémère est légion et dans lequel on oublie que qui veut voyager loin ménage sa monture. Pour faire un bon film il faut un bon scénario, banal me direz-vous mais qui a oublié au jourd’hui les chefs-d’œuvres cinématographiques comme Le Jour se lève de Marcel Carné, Plein Soleil de René Clément, ou Le Faucon maltais de John Houston?